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Question: l’infidélité d’un parent a-t-elle des conséquences sur leur enfant?

6 novembre 2013
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On nous dit que la sexualité est quelque chose de personnel. On nous dit aussi qu’un enfant préfère voir son parent heureux plutôt que malheureux en couple. Je réponds aux adultes qui cherchent ainsi à se rassurer que l’enfant se sent concerné par la sexualité de ses parents et que son désir, c’est de les voir heureux ensemble.

C’est à tort que les parents minimisent l’impact de leurs choix amoureux et sexuels sur leur enfant. Ils disent taire les maux pour les protéger… vraiment? Ne serait-ce pas plutôt pour se protéger eux-mêmes? Mettre des mots sur le ressenti de l’enfant parce qu’il a forcément capté les choses, ce serait prendre le risque de reconnaître que l’on peut blesser son enfant.

Or, la personne qui choisi l’infidélité est toujours quelqu’un de profondément gentil. Pour cette raison, elle choisit de vivre dans le mensonge pour ne pas blesser. Au-delà des différentes situations, un seul slogan en matière d’infidélité semble prévaloir: « il vaut mieux un (petit) mensonge que de dire une vérité blessante ». La vérité blessante peut être : « je ne te désire plus », « je ne suis pas comblé(e) par toi », « je t’en veux « , pour ne vous citer que quelques exemples. Chacun développe ainsi une capacité époustouflante à s’enfermer dans un système qui nie les conséquences de ses actes car c’est impossible d’accepter que l’on a pu faire mal ou pire encore, faire mal à son enfant. Alors on ne dit rien : « l’infidélité ne fait pas de mal tant que ça reste dans le secret ».

Ces petits secrets deviendront des « secrets de famille ». Chaque membre les portent parfois sur plusieurs générations et généralement reproduit inconsciemment le même secret… Force est de constater que dans environ 9 cas sur 10, les personnes qui sont infidèles ont eux même un de leur parent qui a été infidèle. Fait du hasard? Ce serait malhonnête de le penser. Comment donc expliquer ce lien? Trois éléments pour le comprendre.

  1. Arrêtons de réduire le langage au discours verbal. Les parents doivent prendre conscience qu’ils envoient inconsciemment une série de messages à leur enfant concernant l’amour, la sexualité, le corps, la vie, le bien, le mal, la vérité… L’enfant s’imprègne d’une série d’émotions qu’il perçoit au détour d’une conversation, par la manière d’être touché et soigné, par les regards, les gestes entre les parents, le décès d’un membre de la famille, pour citer quelques exemples. N’importe quel parent d’un jeune enfant peut en témoigner: ce n’est pas parce que l’enfant ne sait pas encore parler qu’il n’y a pas de communication.
  2. Mettons des mots sur les émotions pour les saisir et ne pas se laisser envahir par elle. L’enfant grandit avec toutes ces émotions. Si elles ne s’expriment pas, elles vont s’imprimer en lui. Certaines sont bonnes et lui donnent des bases pour vivre, aimer et se laisser aimer. D’autres, le fragilisent pour sa vie, l’handicapent dans ses relations. Faire parler son enfant sur ce qu’il ressent, lui expliquer avec des mots simples et sans détails ce qui se vit, c’est leur donner la chance de pouvoir prendre le contrôle de leurs émotions, s’en libérer et se les désapproprier quand ce n’est pas à lui de les porter. Quand un parent ne peut le faire, une autre personne peut jouer ce rôle (grand-mère, psychologue, marraine…). Ne pas laisser son enfant seul avec le secret de l’infidélité; il est trop lourd à porter.
  3. Libérer les enfants du devoir de loyauté vis-à-vis de leurs parents. L’enfant grandit avec pour modèle son père et sa mère. Même s’il peut superficiellement les remettre en question à l’adolescence, profondément il reste imprégné par eux. Plus précisément encore, l’enfant même devenu adulte va reproduire le modèle de ses parents jusqu’à dans son intimité par soucis de loyauté. En reproduisant le modèle de ses parents, il leur donne raison et ne les met pas en porte-à-faux.

En réalité, il faut mieux dire la vérité plutôt que de blesser doublement: par le mal qui est fait et par le mensonge qui le couvre. Dire la vérité ne signifie absolument pas « tout dire »! Par contre, il y a une manière de dire la vérité pour qu’elle puisse être entendue. L’objectif pour l’enfant c’est de donner sens à ses émotions, son ressenti. Il dira « ah, c’est pour ça! Je me comprends mieux maintenant!  »

C’est pourquoi l’accompagnement avec un professionnel pour relire son histoire et se défaire des liens est essentiel pour vivre en homme et femme libre. Il est écrit dans la Bible « Quitte ton père et ta mère ». Psychologiquement cette phrase a aussi un sens très fort et tout à fait exact. Ce n’est pas facile, cela demande une certaine maturité. Ce n’est pas à l’adolescence que ça se vit. Je le vois, c’est à partir de la trentaine que la conscience de ces liens est plus aiguë.

Mon métier, c’est de vous accompagner. N’hésitez pas à prendre rendez-vous pour vous libérer de la confusion que provoque vos émotions et pour sortir de la reproduction consciente ou inconsciente du schéma parental qui impacte négativement vos relations et votre bonheur.

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2 Commentaires

  • Reply Stéphanie 27 février 2013 at 16 h 39 min

    Merci pour ces belles paroles si vraies, l’enfant ressent, vit, intériorise et s’imprègne de tout ce que le monde adulte envoit. Il est important qu’ils aient un espace ou leur expression est permise pour verbaliser ces ressentis afin de construire au mieux leur appréhension du monde extérieur. Sur ce… Bonne continuation,

  • Reply Billet d’humeur: business de l’infidélité vs. art d’aimer en vérité | Chroniques philosophiques d'une sexologue 7 novembre 2013 at 16 h 40 min

    […] L’infidélité d’un parent a-t-elle des conséquences sur leur enfants? […]

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