Libération, LOVE, SEXUALITY & BABIES, mariage pour tous, Réaction, Uncategorized

Réaction: par delà le mariage gay, l’enjeu!

15 janvier 2013
20130115-133429

Sur Facebook, je les vois se déchaîner… Il y a les « contre », il y a les « pour ». Il y a ceux qui ont défilé et ceux qui les ont critiqués. La France est en ébullition. Lorsque l’on est belge, j’avoue que le débat français sur l’ouverture du mariage aux couples homosexuels semble déjà d’un autre âge… C’était dans mon pays il y a 10 ans! Réveillez-vous: l’enjeu fondamental n’est pas le mariage et encore moins l’adoption! Ceux-ci ne sont que des conséquences, parmi tant d’autres, d’un agenda politique qui vise à résoudre le problème fondamental de l’inégalité entre les femmes et les hommes.

Tout le monde le sait, c’est une loi symbolique. L’objectif est de renverser les sociétés fondées sur le modèle hétérosexuel – cause présupposée de cette inégalité – en dénaturalisant le féminin et le masculin, en valorisant le choix personnel contre le donné naturel. Quand les uns rappellent à coup de pancartes et de slogans qu’il faut un papa et une maman pour un enfant, les autres répliquent en s’y opposant violemment. Car justement, ils ne veulent plus se plier à une réalité déjà distordue. Ils veulent agir selon leur volonté: « tu as un corps de femme mais tu te sens homme, c’est à toi de choisir ton genre et aux autres de l’accepter »; « tu as un corps d’homme et tu aimes un homme, rien ne doit t’empêcher d’avoir un enfant », « tu es une femme et tu aimes une femme: tu peux quand même porter dans ton ventre un enfant ». Dans cette société nouvelle, chacun devrait être libre de choisir sa vie, à la nature de s’y plier.

C’est un dialogue de sourd, donc inutile.

Pendant ce temps, le véritable problème est occulté. Que faisons-nous pour lutter contre l’inégalité entre les femmes et les hommes? Les politiques actuelles proposent de supprimer l’idée même de l’identité sexuelle – et donc de différentiation sexuelle- au profit de l’orientation sexuelle en espérant ainsi évacuer la question. Maintenant, à chacun de répondre: y a-t-il encore un sens à s’adapter, se plier, accepter la réalité de notre corps ? La différence nous rend t-elle inégaux?

Je trouve qu’il n’est pas facile de prendre position si on est honnête avec soi-même… Je vois bien comment l’acceptation de la différence est fondamentale pour que deux personnes soient capables de s’unir sans se perdre dans la fusion (« je me regarde à travers toi »). Et pourtant, c’est ma difficulté quotidienne. Cette différence me rappelle sans cesse qui je ne suis pas, ce que je ne peux pas faire. La différence entre l’homme et la femme, dans l’expérience de la reproduction par exemple, rappelle cruellement à chacun ses limites et ça, c’est insupportable!

Considérer le réel, c’est accepter la différence. Accepter la différence, c’est reconnaître ses limites. Reconnaître ses limites, c’est être un Homme.

Mais on ne veut pas être humain, ont voudrait être des dieux! Alors chacun à sa manière lutte contre sa condition humaine… jusqu’au jour du grand « lâcher prise ».

Pour moi, c’est là que se situe le véritable enjeu: l’acceptation ou le refus de notre condition humaine. Et pour vous?

20130115-133429.jpg

Vous pourriez aimer également

3 Commentaires

  • Reply Bernard de Lovinfosse 15 janvier 2013 at 16 h 49 min

    Cet article est passé par ma page d’accueil facebook et j’ai envie d’y laisser un petit mot.

    Tout est dit.

    Le mariage homo veut faire triompher le rêve sur la réalité, consacrer l’apothéose d’une société où le rêve devient créateur. Le monde est ce que l’on en fait et quand on rêve, on le fait.

    Ce postulat du rêve sur la réalité est présent depuis des décennies tant dans le domaine philosophique que dans d’autres domaines, tel l’enseignement où on ne doit plus enseigner aux élèves à comprendre la société et à la faire sienne mais à la connaître afin de mieux l’inventer. Cette logique du rêve s’allie bien avec celui de la performance à tout prix, comme condition d’accomplissement de l’individu.

    Ceci part de l’idée qu’on ne s’interroge plus sur la réalité mais on la fait rentrer dans des catégories dessinée à partir d’une théorie élaborée sur une idée de la réalité.

    Autre chose aussi à soulever est la problématique de l’identité: tout qui se ressemble, qui partage une caractéristique commune s’assemble, au point de se constituer une minorité, avec une appartenance quasi ethnique et des droits à revendiquer. Identité destructrice de la différence qui engendre la complémentarité.

    L’accentuation de ces deux problèmes que nous vivons à l’heure actuelle fragilisent nos sociétés, au point de les rendre vulnérable aux paramètres extérieurs.

  • Reply Charles V 16 janvier 2013 at 10 h 40 min

    N’y a t’il pas une légère contradiction entre « Je trouve qu’il n’est pas facile de prendre position si on est honnête avec soi-même » et « le véritable enjeu: l’acceptation ou le refus de notre condition humaine ». Etre honnête avec soi-même, n’est-ce pas justement accepter notre condition humaine et nos limites? Allez vers l’autre, plutôt que vouloir être l’autre? Pour ma part je pense que quand on est honnête avec soi-même justement, on mesure nos limites et on découvre toute la richesse de l’autre, particulièrement dans un couple, ce qui est difficile bien sûr! En ca l’altérité sexuelle est essentielle. Elle permet, si on part du point de vue de l’enfant de découvrir ces limites du père et de la mère. D’apprécier ces différences parfois bien « indéfinissables ». Un enfant reconnaît le toucher de son papa et de sa maman. Et on a beau « faire comme si » on était sa maman -pour un homme-, ca ne sera jamais pareil! Voilà mon avis. Tranché. Car effectivement le problème n’est pas de donner des droits similaires à des « couples » homosexuels et des couples hétéros, il est bien de donner à l’enfant ce dont il a vraiment besoin, au delà des souffrances d’adultes et des désirs qui en résultent.
    Charles

  • Reply Greg de H 6 février 2013 at 11 h 05 min

    Merci Thérèse. J’aime beaucoup ta manière d’élever le débat vers quelque chose de plus meta. Car finalement c’est bien ça la question et je partage ton avis. J’ai énormément de mal à prendre parti pour un avis ou un autre … je pense simplement qu’une loi ou pas ne changera pas la donne.

    La vraie question c’est d’accepter notre condition humaine et ce n’est qu’en l’acceptant qu’on pourra vraiment trouver le bonheur. En effet, si on cherche à devenir des dieux, on sera constamment confronté à nos limites et nos frustrations …

  • Répondre

    Newsletter