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Question: mon gynéco, la sage-femme et moi!

4 juillet 2014
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« J’ai 20 ans, et cela fait un moment que je me pose une question : quand faut il aller voir le gynécologue ? Je n’y suis jamais allée, et j’ai déjà eu des rapports. »

Je vous remercie de me poser la question et j’en profite pour questionner certaines idées devenues préconçues…

Le rendez-vous chez le gynécologue pendant ou au sortir de l’adolescence est devenu, dans notre société, un rite initiatique ! Un passage quelque peu angoissant pour certaines jeunes filles, une fierté chez d’autres: on y parle de choses de femmes, on y dévoile son corps de femme! Si certains médecins prennent la mesure symbolique de cette rencontre et usent de délicatesse, bon nombre d’entre eux expédient l’affaire sans prendre d’autres gants que ces horribles trucs en plastiques! Il serait donc temps de créer d’autres lieux que le cabinet médical pour appréhender son corps de femme, les espaces réservés à la gent féminine ayant quasi disparu… Mais ça, c’est une autre histoire sur laquelle on reviendra sur ce blog!

La mission du gynécologue, n’est pourtant pas initialement celle-là. Elle consiste à prévenir et soigner les maladies de l’appareil génital féminin, de veiller à la santé sexuelle et reproductive des femmes.

C’est donc chez le gynécologue qu’il faut se plaindre des petits ou grands maux observés ou ressentis au niveau de son sexe, son bas ventre ou sa poitrine: douleurs abdominales ou vaginales, saignements anormaux, écoulements au niveau des seins, sécrétions vaginales suspectes, pour vous donner quelques exemples. Ils peuvent être des signes extérieurs d’un dysfonctionnement intérieur que le gynécologue tentera de comprendre et de soigner.

C’est aussi chez le gynécologue qu’il faut aller à 25 ans, à 26 ans puis tous les trois ans (certains gynécologues préconisent tous les 2 ans) faire un dépistage au niveau du col de l’utérus . Dès qu’on a des « activités sexuelles » – je dis expressément activités car peu importe ici les sentiments et qu’il y ait ou non pénétration sexuelle, rencontrer un spécialiste de la santé des femmes me semble important pour surveiller certaines infections qui peuvent déjà se transmettre quand il y a des contacts au niveau de la région génitale.

En ce qui concerne la prescription d’une contraception, l’interruption volontaire de grossesse, l’accompagnement de la grossesse, de l’accouchement, de l’allaitement de la ménopause, gynécologues mais aussi sages-femmes peuvent vous accompagner. Experts en pathologie pour les gynécologues, expertes en physiologie pour les sages-femmes, leurs approches sont différentes et complémentaires.

En France, les femmes se tournent très majoritairement vers le gynécologue et sous estiment le rôle des sages-femmes. Elles disent « mon gyneco » et lui vouent bien souvent une confiance absolue. Quoique, depuis la médiatisation des accidents liés à la contraception hormonale, il paraît que les femmes posent plus de questions, sont plus critiques. Et c’est bien de sortir (peu à peu) d’une relation infantilisante avec la médecine en général!

Vous êtes des femmes, vous pouvez avoir un avis différent ou contraire au médecin en face de vous. Vous pouvez exprimer vos craintes ou refuser certaines pratiques. En tout cas, gardez votre libre-arbitre par rapport à l’autorité médicale.

Quant à l’accompagnement des sages-femmes, il ne se limite pas à une surveillance des mécanismes de votre corps mais offre une écoute globale qui intègre aussi votre vécu: vos émotions, vos croyances et vos convictions personnelles sont généralement davantage prises en considération.

Mais la plus grande des nécessités reste d’observer son corps, d’être à l’écoute de ce que l’on ressent et d’être attentive à ce qu’on vit au niveau de son sexe. Car il s’en passe des choses ! Notez-les avec la date et le maximum de détails. Certains signes sont heureux, d’autres dangereux non seulement pour notre vie mais aussi pour celles de ceux que vous accueillez en vous le temps d’un instant ou de quelques mois avant de venir au monde…

Il est aussi extrêmement important de récolter le plus d’informations possibles sur les antécédents médicaux de votre famille. Prenez le temps de discuter avec votre mère et même vos sœurs, vos grands-mères pour connaître les histoires de femmes de la famille, votre terrain familial afin que le médecin ou la sage-femme soient davantage attentifs et évitent des prescriptions médicamenteuses risquées pour votre santé.

L’entrée dans sa vie de femme s’accompagne de nouvelles responsabilités dont celle de prendre soin de son corps, de ne pas négliger sa santé, de prendre avec le plus grand sérieux la régulation des naissances, d’abord par respect pour soi, mais aussi parce que la vie des autres est en jeu.

J’encourage particulièrement les lecteurs et lectrices de ce post, sages-femmes et médecins à enrichir cette réponse de leurs expériences!

T.

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16 Commentaires

  • Reply Morellec 4 juillet 2014 at 10 h 49 min

    LE SUIVI GYNECO DE PREVENTION ( FROTTIS ./ PALPATION DES SEINS..) FAIT AUSSI PARTIE DES COMPETENCES DES SAGES FEMMES !
    TOUTES NE S ENGAGENT PAS DS CETTE VOIE MAIS IL EN EXISTE DE PLUS ENPLUS

    • Reply Thérèse Hargot 4 juillet 2014 at 11 h 43 min

      Merci pour l’info! Je ne savais pas. Mais pourquoi ne s’engagent-elles toutes dans cette voie?

  • Reply ccnc 4 juillet 2014 at 15 h 42 min

    pas facile de trouver le gynéco qui puisse nous convenir, qui accepte de prendre le temps, qui ne fait pas de commentaire désobligeant quand on annonce qu’on ne préfère pas prendre sa fichue pilule.
    je pense que je me suis longtemps laissée maltraiter (c’est un grand mot, mais….) par ma première gynéco, qui pouffait quand on parlait de méthodes dites naturelles, qui refusait de prendre en compte la diminution de ma libido, la modification de mon humeur quand je l’ai prise, sa fichue pilule qui me transformait en quelqu’un que je n’était pas….bref, un genre de dictateur, qui m’imposait ce que la science avait décidé pour moi, au lieu de coopérer avec moi, avec mon intelligence, avec mon ressenti….

    et puis des mots trop durs après une fausse couche m’ont fait claquer la porte.

    et puis j’ai trouvé une femme toute douce, toute souriante, qui peut me recevoir avec deux heures de retard parce qu’il a fallu parler avec des patientes plus longtemps, mais qui peut recevoir les autres avec deux heures de retard parce qu’il me fallait poser des mots sur la peur d’une troisième césarienne, quand la deuxième avait été si douloureuse.

    alors, chez ce médecin spécialiste des femmes, plus que chez tout autre, il faut veiller à trouver quelqu’un de bon, de bienveillant.

    • Reply Thérèse Hargot 4 juillet 2014 at 15 h 56 min

      Merci pour ce témoignage… Il est grand temps que les langues se délient pour que les femmes et les hommes s’autorisent à se faire respecter.

  • Reply 10lunes 5 juillet 2014 at 2 h 23 min

    Merci pour ce texte ; Il serait préférable de le modifier légèrement pour préciser que le suivi de dépistage (examens des seins et frottis) est aussi assuré par les sages-femmes.
    Pour répondre à votre question, toutes ne s’engagent pas dans cette voie pour de multiples raisons, le plus souvent un agenda déjà trop rempli par la périnatalité ou le manque de formation pour cette nouvelle compétence (acquise il y a cinq ans).
    Mais de plus en plus de sages-femmes assurent ces consultations.

  • Reply Zélie Leclerc 5 juillet 2014 at 2 h 24 min

    les SF peuvent réaliser les frottis, poser et retirer DIU et implants, détecter la pathologie, prescrire les examens et ensuite orienter vers le médecins ad hoc (gyncologue, endocrino, cancérologue …)

  • Reply mightybeatrix 5 juillet 2014 at 3 h 56 min

    Il faudra revoir vos sources… Selon les recommandations, aller chez le gynéco n’a rien d’obligatoire pour un frottis à 20 ans! Le 1er frottis est recommandé à 25 ans, un 2e un an plus tard et si rien n’est anormal, les suivants se feront tous les 3 ans.
    Ces frottis peuvent se faire chez une sage-femme ou un médecin généraliste également.
    Quant à l’examen des seins… attendez encore une ou deux décennies…
    Lisez Martin Winckler, vous en apprendrez beaucoup.

    • Reply Thérèse Hargot 5 juillet 2014 at 4 h 09 min

      En fait, s’il y a des rapports sexuels, une contamination peut être possible et nous savons que la transmission du papillomavirus peut déjà se faire jeune.

    • Reply Thérèse Hargot 5 juillet 2014 at 4 h 10 min

      Aussi, concernant les seins, cela dépend beaucoup du terrain familial et c’est intéressant pour une jeune fille de le connaître, d’en discuter avec un médecin et il lui proposera les examens adaptés.

    • Reply Thérèse Hargot 5 juillet 2014 at 4 h 11 min

      Concernant les seins, je ne parle pas d’une mammographie mais d’une palpation que les gynécologues et sage-femmes font généralement systématiquement.

  • Reply 10lunes 5 juillet 2014 at 4 h 21 min

    C’est plus complexe. Le dépistage a aussi des effets négatifs. Par exemple, pour le papillomavirus, la contamination est fréquente mais la guérison spontanée l’est aussi. Un éventuel cancer met plus de 10 ans à se développer. Dépister trop tôt, c’est inquiéter et traiter inutilement de nombreuses femmes.
    Pour les seins, idem, le dépistage systématique est de plus en plus controversé.
    Ce n’est pas la même chose de consulter sur des signes d’appels – c’est dans ce cas là essentiel d’aller consulter- ou de faire des recherches systématiques.
    Enfin, pour les plus jeunes, il faut rassurer sur l’absence d’examen systématique pour accéder à une contraception.

  • Reply Agnès H. (@tut_tuuut) 5 juillet 2014 at 6 h 41 min

    Sympa de donner des infos sur le suivi gynéco par les sages-femmes. C’est encore une info qui n’est pas connue de toutes.

    En ce qui me concerne, j’ai « ma » sage-femme et « un » gynéco. ;)
    Je vais voir ma sage-femme pour les affaires courantes quand je vais bien (DIU, grossesse) et j’appelle le gynéco quand il y a un problème qui m’inquiète (douleurs, saignements, etc.). J’apprécie vraiment la façon dont ils se complètent : la SF prend beaucoup de temps pour expliquer, rassurer, répondre aux questions « idiotes ». Le gynéco est un peu plus « expéditif » quand je vais bien sur un plan médical, mais il sait traiter les problèmes quand il y en a.

  • Reply eosine 6 juillet 2014 at 10 h 35 min

    Il y a une autre erreur, les frottis sont recommandés par l’OMS tous les 3 ans et pas moins. Un frottis tous les 2 ans n’augmente pas la survie en cas de cancer avéré.

  • Reply Thérèse Hargot 7 juillet 2014 at 11 h 14 min

    Concernant le frottis, j’ai modifié le texte initial qui n’était pas correct: c’est à partir de 25 ans, puis à 26 ans puis tous les 2-3 ans.

  • Reply Camille 22 octobre 2015 at 10 h 46 min

    Pour ma part, je n’ai pas du tout été accompagnée par « ma » gynéco quand je lui ai dit que je ne voulais pas faire de FIV .  » Ah bon? mais c’est dingue je n’ai jamais vu une patiente la rejeter comme ça » et elle m’a redirigée vers un psychiatre « pour en parler et faire le point ( pour savoir si je voulais vraiment des enfants, en fait)  » . Docilement, je suis allée le voir, mais ce dernier a analysé que j’avais un pensée construite, une vraie conviction personnelle et que je n’avais pas besoin de thérapie, sauf si j’en avais envie ». En fait, « ma  » gynéco n’avais rien d’autre à me proposer …. complètement démunie . Alors qu’il existe de plus en plus de recherches pour soigner les dysfonctionnements des cycles féminins pour laisser place à une grossesse spontanée. Je me suis dirigée donc vers les Naprotechnologies-Fertility Care qui accompagnent les couples dans toutes les dimensions de leur fertilité !
    Merci pour votre blog!

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