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Question: je me masturbe et je veux arrêter!

30 octobre 2013
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« J’ai 20 ans, des valeurs chrétiennes, et cependant je me masturbe. Je veux arrêter, mais comment faire? La volonté est si faible dans ces cas là! » telle est la question qui m’est posée par une jeune fille via la page contact.

Pour te répondre, il faut d’abord reconnaître le fait: la masturbation détend. Oui, le plaisir sexuel apaise et c’est quelque chose de bon. Mais si j’ai besoin de me soulager, c’est qu’il y a en moi une tension.

Cette tension n’a pas d’origine sexuelle. Elle vient en fait des stress et frustrations accumulés dans la journée. Elle vient aussi souvent d’angoisses qui peuvent remonter à l’enfance. Il y a comme un mal-être passager ou profond qui crée la pulsion. C’est la même chose pour la boulimie ou la cigarette, par exemple.

Le propre de la masturbation c’est que le plaisir est recherché pour lui-même en stimulant ses zones érogènes. Il n’est pas le « couronnement » d’une relation sexuelle. On peut donc se masturber à plusieurs. On peut aussi se masturber en utilisant la corps de l’autre. Combien de femmes n’ai-je pas entendu me dire: « j’ai l’impression que mon mari se masturbe en moi »!

Mais ce plaisir laisse un goût amer, renvoie à sa solitude et suscite une certaine culpabilité. Le soulagement est donc de courte durée et l’envie de recommencer s’impose à nouveau. La masturbation devient souvent alors une addiction. On le reconnaît quand elle se vit de manière compulsive.

Pour sortir de ce cercle vicieux, il faut d’abord reconnaître son intention positive: de quoi ai-je besoin de me détendre, de me soulager, de m’apaiser?

Premièrement tu verbalises, avec l’aide de quelqu’un s’il le faut. Deuxièmement, tu établis une liste de plaisirs, une sorte de « boîte à caresse », aussi diversifiés et facile d’accès que possible: prendre un bain chaud à la bougie, lire un magazine, manger une glace au chocolat, courir faire un tour de parc, appeler une amie, écouter de la musique, etc.

A chaque fois que tu sens l’envie monter, au lieu de te dire « il ne faut pas, c’est pas bien », tu te dis : « j’ai des raisons légitimes d’être tendue, j’arrête de me juger ou de me réfréner et je prends le temps de me détendre ». Tu puises dans ta « boite à caresse » une nouvelle idée au lieu de toujours te caresser par flemme et facilité…

Il faut accepter que ça prend du temps de sortir d’une habitude… S’exprimer et diversifier les plaisirs c’est quelque chose qui s’apprend.

Je ne crois en aucun cas que sortir de la masturbation soit une question de volonté. Elle est vaine si les émotions et les pulsions ne sont pas écoutées, considérées et si on ne cherche pas à répondre à ses besoins profonds.

T.

PS: si vous aussi vous avez une question, écrivez-moi via ma page contact.

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4 Commentaires

  • Reply Mr DJ 25 octobre 2013 at 7 h 03 min

    Salut,
    « Je ne crois en aucun cas que sortir de la masturbation soit une question de volonté. »
    devrait plutôt être
    « Je ne crois en aucun cas que sortir de la masturbation soit QU’une question de volonté. »
    Il faut vouloir s’en sortir, et il faut chercher à Vivre de façon équilibrée et à guérir de ses blessures. Pour les personnes qui croient en un Dieu sauveur, il peut être bon d’appeler Dieu (ou Jésus) pour qu’il nous sauve (en lui imposant presque d’être vraiment Dieu dans nos vies si rien ne bouge). Les sacrements sont aussi bons pour la santé, malheureusement les conseils de prêtres sont rarement intégratifs.
    Dépression et masturbation vont souvent ensemble. Il faut guérir de la première pour arrêter la seconde par différents moyens (potes, activités qui rendent heureux, don de soi, psychologie/amitités pour mettre des mots sur ses maux d’enfance, neuvaines pour sortir de la dépression). Oui ça peut prendre très longtemps pour s’en sortir.

    Si la dépression devient malheureusement un des maux pour ce siècle, la masturbation en est un des symptomes.

    Merci pour ton blog

  • Reply Rebond: "pourquoi cette fille culpabilise?" | Chroniques philosophiques d'une sexologue 18 novembre 2013 at 5 h 24 min

    […] "Pourquoi cette fille culpabilise? Est-ce qu’il ne faut pas juste lui dire que ce n’est pas un problème de se masturber!" C’est la question qui m’est posée à la suite de mon post précédent: "Je me masturbe et je veux arrêter!" […]

  • Reply Cécile 16 octobre 2014 at 9 h 33 min

    « Mais ce plaisir laisse un goût amer, renvoie à sa solitude et suscite une certaine culpabilité. Le soulagement est donc de courte durée et l’envie de recommencer s’impose à nouveau. La masturbation devient souvent alors une addiction. On le reconnaît quand elle se vit de manière compulsive. »

     » Tu puises dans ta « boite à caresse » une nouvelle idée au lieu de toujours te caresser par flemme et facilité… »

    Qu’il est triste de parler de plaisir féminin d’une façon aussi négative ! La masturbation n’est-elle pas surtout une manière d’explorer son corps, d’appréhender ses désirs ? N’est-ce pas une façon de s’épanouir sexuellement ? Comment peut-on demander à un homme de nous donner du plaisir si nous n’avons pas une connaissance de notre propre corps ? Si on ignore ce qui nous donne du plaisir justement ?

    • Reply Thérèse Hargot 20 octobre 2014 at 14 h 57 min

      Je suis effectivement très embêtée si vous avez perçu mon propos de cette manière négative. Je suis d’accord avec ce que vous écrivez. Cependant, la lectrice n’exprime un malaise parce qu’elle voudrait s’arrêter mais n’arrive pas. C’est le faite que l’acte soit compulsif, qu’elle n’a pas l’impression de vivre ce qu’elle veut, qui m’interpelle et c’est là-dessus que je veux l’aider. Il faut arrêter de penser la masturbation avec un point de vue idéologique : ce serait bon ou mauvais. Il faut la comprendre en fonction de la manière elle est vécue, le sens qu’elle prend pour chaque personne.

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