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Question: comment choisir sa contraception? 5 points pour élargir et approfondir la question.

28 janvier 2013
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« Je ne sais plus quelle attitude adopter pour ne pas me laisser surprendre par une grossesse. La pilule ? Impensable et de plus en plus effrayante vu ce qu’il se passe en ce moment avec Diane 35 ou les pilules 3ème et 4ème génération! Idem pour les implants. Le stérilet ? Pour se retrouver avec un bout de cuivre dans l’utérus ? On s’en passerait… Bon, alors il reste les préservatifs ? Merci le tue-l’amour. Et toujours pas question pour mon homme d’entendre parler de méthodes naturelles qui lui paraissent si peu fiables, sur lesquelles il a l’impression de n’avoir aucune prise. »  [Extrait d’une question via la page contact]

Comme je comprends cette impression d’être démunie, de ne plus savoir quoi faire! Quand on nous parle de choix, on entend plutôt « compromission ». On dirait que la question est en fait: qu’est-ce que tu es prête à mettre en danger ou même à sacrifier? Tu préfères t’exposer au risque d’une maladie ou d’une grossesse? Avoir moins de plaisir ou moins d’estime de toi? Respecter ton désir ou tes principes éthiques et religieux? T’écouter ou lui obéir? On a l’impression que tous nos désirs sont antagonistes, que l’homme et l’enfant sont des rivaux, notre corps un ennemi. Dans cette perspective, impossible de s’en sortir: c’est l’impasse. Le désespoir guette.

C’est notre innocence que nous perdons quand nous devenons femme. Nous voici maintenant contrainte de constater qu’il n’existe pas de contraception idéale. L’étape suivante c’est de l’accepter.

Ça va vous paraître paradoxal mais voilà ce que je pense : choisir le meilleur moyen pour maîtriser sa fécondité impose de se réconcilier avec la maternité. Au lieu de refuser l’enfant, il nous faut d’abord accepter qu’une partie de nous le désire intensément. Notre corps de la puberté jusqu’à la ménopause se prépare et espère porter un enfant, lui donner la vie. Ce désir, même si l’on considère uniquement sa dimension physique, c’est le nôtre.

Seulement voilà, nous pouvons rarement y répondre. Chacune a ses raisons. Tout l’art est de se les avouer pour être ensuite capable d’exercer sa responsabilité. Le mot est enfin lâché. Mais qu’est-ce que ça veut dire être responsable ? Cela signifie prendre la meilleure décision parce qu’elle est raisonnable et avisée.

Voici les différentes étapes pour y procéder :

  1. Répondre précisément à la question : « pourquoi est-ce que je ne désire pas avoir un enfant ? » Cette étape est la plus importante, il est essentiel de trouver une ou des réponses précises pour que le ou les besoins profonds soient exprimés. Avec la réponse, je vais pouvoir juger si le moyen que j’utilise y répond véritablement. Exemple : « je ne veux pas avoir d’enfant maintenant parce que je risque de mettre en danger ma santé/mon homme ne veut pas/je suis débordée avec ceux que j’ai déjà/je suis trop jeune/je suis trop âgée/je mettrais en péril mes projets professionnels/je ne peux pas assumer financièrement/j’ai peur de la grossesse ou d’accoucher/je ne veux pas être mère/etc. »
  2. Lister toutes les options, en trouver au grand minimum 5. Par exemple : prendre la pilule/vivre les méthodes naturelles/ne plus avoir de rapports sexuels/porter un stérilet/utiliser le préservatif/etc. Au lieu de s’auto-censurer ou de s’offusquer, il faut avoir conscience que l’on pourrait choisir de vivre ces options et savoir pourquoi on les rejette. Cette étape est nécessaire pour réinjecter un sentiment de liberté dans cette prise de décision.
  3. Maintenant, il faut évaluer chacune de ces options et aller jusqu’au bout de l’investigation car elle donne plein d’informations sur ses besoins. Ces questions nous permettent de n’oublier aucune des dimensions de notre vie car la maîtrise de la fécondité touche en réalité toute notre personne. Autre apport de cette étape : sortir de la logique de l’instant présent. Chacun des moyens choisis a un impact sur le long terme qu’il ne faudrait pour rien au monde négliger ! Pour chaque option répondre à ces questions :
    • Comment vais-je me sentir physiquement ? Avant/pendant/après
    • Quels sont les sentiments qui vont m’habiter ? Avant/pendant/après
    • Qu’est-ce que je vais me dire à moi-même ? Avant/pendant/après
    • Que pense l’homme avec qui j’ai des relations sexuelles ? Avant/pendant/après
    • Quel est l’impact sur ma vie spirituelle ? Avant/pendant/après
    • Quel est l’impact sur ma vie sexuelle ? Avant/pendant/après
    • Quel est l’impact sur ma vie relationnelle (mon couple) ? Avant/pendant/après
    • Quels sont les coûts financiers ? Avant/pendant/après
  4. Au fur et à mesure de cette évaluation, une option va se dégager : « celle-là respecte davantage mes besoins ». On peut même les noter pour se faire une meilleure idée.
  5. La dernière étape est d’« aménager » l’option. Beaucoup de besoins vont apparaitre dans ce travail auxquels il est important de répondre. Avec de l’imagination, on peut trouver des moyens pour le faire. Par exemple, j’ai choisi de prendre la pilule mais j’ai pourtant envie que mon homme soit plus engagé par la question. Désormais, il m’accompagnera aux rendez-vous chez mon gynécologue.

Si vous n’avez pas le temps ou la force de faire ce travail, ou s’il révèle des obstacles personnels, je suis là pour vous accompagner anonymement si besoin- via la rubrique consultation.

Demain, je répondrai à vos questions concernant les méthodes naturelles car il est primordial d’être bien informé pour prendre une bonne décision.

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