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Billet d’humeur: du sexe aux couches bio.

14 février 2013
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Devant mon colis fraîchement arrivé, une question: qu’ ais-je fais pour en arriver là? Ni chaussures, ni sac, ni cadeau d’admirateur: ce sont les 155 couches de mon bébé qui viennent de m’être livrées! La déprime, 155 couches. Non mais est-ce qu’on réalise le temps passé à changer un enfant, la somme consacrée pour acheter ces trucs repoussants et la culpabilité devant ce sac à l’odeur infecte à jeter quotidiennement? Et tout ça pourquoi? Parce qu’on a fait l’amour! Quel choc! C’est mon troisième bébé mais je m’en remet toujours pas. Comment l’amour, la passion, le sexe peuvent mener à ça? On devrait tous savoir, être prévenus… ou peut-être pas. C’est vrai, je vous l’accorde: pour que se renouvelle la population, gardons la surprise pour les heureux nouveaux parents!

Comme pour la majorité des femmes, c’est avec la maternité que ma « conscience écologique » s’est éveillée. Je dis bien ma conscience car j’avoue qu’elle n’est pas toujours connectée à mes actes. J’ai beau faire la promotion des méthodes naturelles, avoir accouché par trois fois à la maison, allaiter des mois durant, faire mes coures chez Trader Joe’s (le supermarché US où les vendeurs chantent du Red Hot et portent des chemises hawaïennes), récupérer des meubles dans la rue au damn des proprios, porter mes enfants en écharpe et faire du vélo… je ne lis pas « Yoga-Légumes » mais Elle US, je refuse d’essayer les couches lavables, je porte des vêtements de chez Zara, je prends l’avion comme on prend le bus, je n’ai jamais contacté la Leche League et j’achète les couches pour mon bébé chez le petit vendeur du coin par paquet de 20 car je suis incapable d’anticiper (ou, pour être totalement honnête, parce que je fais un « déni de couches »).

Autrement dit, je suis écolo uniquement lorsque cela me semble être moderne, néo-féministe ou économique. Pour le reste, je le confesse: je ne suis pas encore prête à changer de style et monde, échanger mon mode de vie d’ultra-citadine et voyager moins. Ça viendra avec l’âge… peut-être. Pour l’instant, bonjour le manque de cohérence. Mais tout de même être extrême dans ce domaine est certainement beaucoup plus problématique cette fois-ci pour sa vie de femme et pour son couple. Je reviendrai sur le sujet et Elisabeth Badinter, c’est promis.

Bref. Je reviens à mon paquet de couches. Enfin, celui de mon bébé. Cette fois-ci, j’ai pris mon courage à deux mains: « Thérèse, ton bébé a 9 mois, il besoin de couches et ça va durer encore pendant plusieurs mois. Alors assume, assume! » Je suis allée sur diapers.com et j’ai commandé la marque « green »: Seventh Generation. Et là, « Alleluia »: ils m’ont comprise! C’est une couche jetable, ouf: hors de question de revenir sur cet acquis. On la fabrique avec des matériaux ecofriendly et sans produit potentiellement nocif pour la santé du bébé. Très bons points. On se positionne bien pour les prochaines polémiques à venir concernant les effets des couches Pampers sur la fertilité par exemple et autre problème de santé. On le market en lui trouvant un nom qui dévoile son avant-gardisme Seventh Generation: topissime! Et on l’emballe dans une joli boîte : très important pour que la maman oublie ce qu’elle aurait voulu acheter avec cet argent. Puis, on le vend en ligne pour que les parents puissent les commander depuis leur Iphone entre un rendez-vous et une manucure (ou pendant, ça marche aussi). Le tout, livré en moins de 24h. Je sur-like!

J’entend déjà les remarques des super-parents qui m’écriront: « Elles existent depuis hyper longtemps ces couches!  » C’est vrai. Les nouvelles méthodes naturelles ou l’accompagnement de sa grossesse et de son accouchement par une sage-femme aussi. Pourtant, la majorité des femmes utilisent une contraception hormonale (ni écolo, ni sans effets secondaires potentiels pour leur santé) et médicalisent systématiquement leur accouchement sans penser qu’il peut exister d’autres manières de vivre ce passage à la maternité lors de la mise au monde de l’enfant.

Cette remarque me permet de conclure sur ces véritables questions: pourquoi nous est-il si difficile de choisir ce qui nous semble être le meilleur? Pourquoi le témoignage, les encouragements, les arguments de nos amis ou de professionnels ne nous suffisent pas pour repenser nos choix de vie? Qu’attendons-nous pour réagir? N’y a-t-il que l’expérience négative qui nous fait changer d’avis?

J’aurais du vous parler de sexe et je vous parle de couches. Mais, vous l’avez compris, elles ne sont qu’un prétexte pour mettre le doigt sur les petites ou grandes incohérences de nos philosophies de vie et partager aussi mon étonnement devant l’incrédulité que provoque ces nouvelles perspectives bio et bobos.

C’est décidé, j’arrête la philo. Je file prendre des cours de marketing! Dorénavant, Seventh Generation est mon maître.

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