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Invitation: Check list à l’usage de la belle au bois dormant, ou comment sauver son mariage avant qu’il n’ait commencé.

2 février 2015
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A toutes les Cendrillon, Blanche Neige, Belle au Bois dormant et belle tout court au bord de leur « Happy End » de conte de fées, ramenez vos princes (ou votre bête): on a à parler.

Oh, loin de moi l’idée de bazarder vos rêves, ce serait un comble. Mon travail consiste justement à faire en sorte qu’ « Ils se marièrent et vécurent heureux (et in love) jusqu’à la fin de leurs jours » et à faire éviter dans une certaine mesure sa variante« Ils se marièrent et eurent de nombreux enfants (et c’est tout)», partageant – j’en suis ravie – avec le pape, le même souci de ne pas se reproduire comme des lapins !

Mais les contes qui ont bercé notre enfance s’arrêtent toujours au moment où, dans la vraie vie, les vraies histoires commencent. Pas un mot sur la suite. « Et après, qu’est-ce qu’ils font dans leur château? » demandent les plus curieux. « Allez, l’histoire est terminée, il est temps de dormir maintenant» répondent les parents embarrassés.Car oui, pour éviter la discussion gênante, la tradition exige que ces histoires se racontent le soir, juste avant d’éteindre la lumière et de souffler au creux des jeunes oreilles un « fait de beaux rêves ». Tout semble donc minutieusement structuré pour ne pas effrayer les générations futures et conserver l’institution du mariage, garant de la stabilité sociale peu importe ce qu’il en coûte aux époux mariés « pour le meilleur et pour le pire ».

Ou du moins ça, c’était avant.

Car aujourd’hui, le « pire » explose en pleine face des nouvelles générations. Elles oscillent désormais entre une naïveté orgueilleuse  (« Nous, on va y arriver parce qu’on s’aime vraiment! ») et un désenchantement ravageur (« Avant de se marier, on devrait exiger le devis du divorce», comme le dit le poète et penseur de renom, Patrick Sébastien).

Donc, je vous disais, on a à parler.

Pourquoi ? Parce que le mariage n’est pas seulement une réussite personnelle (« Yes, I did It ! »), une réussite sociale (« Toutes mes félicitations ! »), un « check » supplémentaire après celui des études, des voyages, du travail, de l’achat immobilier et du petit chat adopté.

En réalité, le mariage est un commencement.

Se marier, c’est choisir de s’aimer. Mais pas à la manière des bisounours, on ne vit d’ailleurs pas tout à fait dans le même monde. Le mariage vous entraine dans un amour charnel. Il est question de sexe, de sang, de sperme, de glaire, de muscles, d’odeur, de plaisir, de désir, de bébé, de baisers, de caresse, de douleur, de frustration, de colère, de cris, de pleurs, de rires. Bref, il est question d’un amour qui engage les corps intensément; qui se vit par et au travers du corps.

Bien sûr, toutes ces réalités sont noyées dans des considérations matérielles, ou spirituelles et morales (importantes mais oui, mais oui…). L’affaire est bien trop brute pour les plus civilisés d’entre nous. Et pourtant, entre la réservation du traiteur, le choix de la robe et du champagne et pour certains du prêtre « Gééénial, je t’assure ! », il ne serait pas totalement incongru de s’arrêter pour penser son rapport au corps, le sien et celui de l’autre ; s’arrêter pour choisir la manière de s’aimer charnellement pour que cet amour dure éternellement et fidèlement.

Un détail ? Non, juste l’essentiel.

Et je ne réduis pas ce point au choix d’une méthode de régulation des naissances appropriées à sa situation amoureuse, en cohérence avec ses convictions. J’en parlerai, bien évidement, mais pas seulement pour transmettre l’information. Ce serait rester, une fois de plus, à la surface des choses. Là où je voudrais davantage accompagner les fiancés, c’est dans leur discernement, y compris sur le versant le plus intime : quelles sont les questions à se poser avant de choisir de se donner sexuellement à une seule et unique personne pour le restant de ses jours ? C’est aussi ça le mariage. Autant que ça se passe bien, non ? Plus que jamais de nos jours et quelle que soit nos convictions morales et religieuses, une sexualité fragile, c’est un mariage fragile. Parce que la sexualité touche toutes les dimensions de la personne humaine, elle est un formidable révélateur. Quand je parle d’une sexualité conjugale, je veux dire: la dynamique de couple permet-elle de devenir pleinement homme, pleinement femme; permet-elle de renforcer l’amour des époux?

Autrement dit, je pense qu’il est important de raconter la suite de l’histoire, après le « Happy End », pour aiguiser le discernement des fiancés ou plus largement des couples avec un projet d’amour et renforcer leurs fondations avant un engagement dans la durée. Il y a tant de choses que je vois dans le cadre de mes accompagnements de couple qui auraient pu, et même qui auraient dû, être repérées et considérées avec le plus grand sérieux avant le mariage par les fiancés eux-mêmes, leurs témoins ou les personnes qui les accompagnent – et ce avant que ne vole en éclat le mariage et chacun des membres de la famille.

Ce 7 février 2015 à 15h au Collège Stanislas à Paris, j’interviendrai auprès d’un groupe de fiancés sur ce sujet.

Vous êtes chaleureusement conviés, vous ou vos copains. N’hésitez pas à faire circuler l’information !

Histoire d’ajouter « Sex and babies »  à votre « Checklist ».

PS : inscription obligatoire via la page contact de mon blog. PAF : 15€/couple.

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