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I Like (I mean I Looooove): Le « Self-Love » des américains!

23 janvier 2013
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« Ma chérie! T’as encore ce truc collé sur la main? Je te préviens: on l’enlève ce soir dans le bain! » (cris hystérique) « Mais mamaaaaan! C’est la maîtresse qui me l’a donné parce que j’ai bien dansé aujourd’hui ! » (NDLR: quand il n’y a pas danse, ça marche aussi avec le chant, le rangement et même la sieste!) « Bon, d’accord. Tu sais ce qu’on va faire? On va trouver un cahier dans lequel tu placeras toutes tes petites récompenses. Et puis, s’il te plaît, tu dis à ta maîtresse que je ne veux plus qu’elle te colle ou qu’elle te dessines quoique ce soit sur ton corps! Je n’en peux plus moi qu’on tatoue sans arrêt les gosses!  »

Dans le Playground plein à craquer après l’école, tu n’entends que des « Gooooood Joooooob » pour la moindre glissade en toboggan ou le château de sable bringuebalant. C’est exaspérant! Quand je pense qu’ils sont félicités pour un bête ramassis de sable alors que moi, je n’ai même pas reçu un sourire de la secrétaire tout au fond du couloir qui m’a donné mon diplôme de philosophie à la Sorbonne… Après tout, elle a raison, je venais juste d’achever cinq années d’université: pas de quoi s’en féliciter comparé à un pâté!

Nul doute donc que l’industrie du « Sticker » se porte bien aux Etats-Unis, un effet économique direct de la « good job » attitude. Les américains sont dans un excès, c’est évident. Autant que le sont les français, je le défends. Au Lycée Français de New York, on a même reçu des grilles de lecture pour bien percevoir les différences entre les notes américaines et françaises afin de lever toutes inquiétudes concernant l’absence de plus de 15/20 ou la suspicion de ces trop nombreux « A » !

A juste titre, c’est ce que l’on appelle « le choc des cultures ». Lorsqu’on est européen, qu’on a vécu en France et pire qu’on est passé par Paris, c’est douloureux de constater qu’on a manqué de paroles valorisantes, bienveillantes et encourageantes. Notre énervement ne vient pas d’ailleurs, c’est de la jalousie. Comment eux, ces américains, se permettent de s’aimer, de s’auto-congratuler, de célébrer leurs succès alors que nous nous interdisons de le faire par soit disant modestie. Ça ne se fait pas de penser du bien de soi, de dire du bien de soi, d’espérer du bien pour soi! L’éducation à la française est absolument terrifiante en ce domaine. Résultat, les français sont généralement incapable de prendre correctement la parole en public, poser une question ou affirmer leur avis.

En fait, c’est de la fausse modestie. Il n’y a pas plus fier que le peuple français mais c’est une fierté refoulée qui a tendance à s’exprimer en méprisant les autres… C’est tout le problème: si on ne s’aime pas soi-même, que l’on ne reconnait pas ses qualités, que l’on ne porte pas un regard bienveillant sur soi-même alors, nous ne sommes pas capable de le faire pour les autres. Nous tombons fatalement dans l’admiration ou le mépris.

A New York, les français expatriés que j’ai pu accompagner ont tous deux points communs. Le premier, c’est qu’ils sont extrêmement succesfull dans leur domaine. Le second, c’est qu’ils méprisent leur réussite, ne reconnaissent pas leur qualité et ont un faible « Self-Love ». Peut-être que l’un implique l’autre? L’insatisfaction chronique est une sorte de moteur pour aller de l’avant. Je le crois en effet. Mais la vie a peu de saveur sans amour…

Pour ma part, je suis en cure depuis trois ans… je vous laisse pour poursuivre: le New York magazine fait son grand dossier sur la question, il me tarde de le lire!

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